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CAC maximum : combien payer pour un client e-commerce en Suisse

Le coût d’acquisition client (CAC) maximum d’une boutique en ligne se calcule depuis la marge, pas depuis le ROAS. Méthode, formules et pièges courants.

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Formule du coût d’acquisition client sur fond orange.
Formule du coût d’acquisition client sur fond orange. Visuel illustratif.

Résumé de l’article · 30 s

Le CAC maximum d’une boutique en ligne est le montant au-delà duquel un nouveau client fait perdre de l’argent. Il se calcule depuis la marge sur coûts variables : panier moyen, moins produit, port, frais de paiement et retours. Si les clients rachètent, on peut dépenser davantage sur la première commande, à condition de connaître la valeur réelle d’un client sur douze mois.

  1. 1

    Le CAC (coût d’acquisition client) se compare à la marge, jamais au chiffre d’affaires.

  2. 2

    Un ROAS élevé peut perdre de l’argent si la marge est faible.

  3. 3

    Sans rachat, le CAC maximum est la marge de la première commande.

  4. 4

    Avec rachat, il dépend de la valeur d’un client sur douze mois (LTV) et de votre trésorerie.

  5. 5

    Le MER, chiffre d’affaires total divisé par dépenses marketing totales, contrôle ce que les plateformes s’attribuent.

Envie d’aller plus loin ? Demandez à :

Une boutique en ligne qui lance ses premières campagnes Meta ou Google se fixe souvent un objectif de ROAS parce que c’est le chiffre que les plateformes affichent. Pour définir ce budget, il faut aussi examiner la marge. La première question est plus simple : combien pouvez-vous payer pour un nouveau client sans perdre d’argent ?

CAC : la définition utile

Le CAC, ou coût d’acquisition client, est la dépense marketing d’une période divisée par le nombre de nouveaux clients de cette période. Les clients qui reviennent ne comptent pas : ils ont déjà été acquis. Mélanger nouveaux et anciens clients fait paraître le CAC plus bas qu’il n’est, surtout quand une base fidèle achète à chaque promotion.

Partir de la marge, pas du chiffre d’affaires

Ce que rapporte une commande, ce n’est pas son montant. C’est ce qui reste une fois payés tous les coûts qui augmentent avec chaque vente : le produit lui-même, l’emballage, l’expédition, les frais de paiement, et la part des retours. Cette marge sur coûts variables est le plafond de ce qu’on peut dépenser pour obtenir la commande.

PosteMontant
Panier moyen, TVA déduiteCHF 100
Coût des produits− CHF 40
Emballage et expédition− CHF 10
Frais de paiement− CHF 3
Provision pour retours− CHF 7
Marge sur coûts variablesCHF 40
Marge d’une première commande (exemple fictif)

Dans cet exemple, un client qui n’achète qu’une fois ne doit pas coûter plus de CHF 40 à acquérir. À CHF 40, la vente est blanche. En dessous, elle contribue aux frais fixes. Au-dessus, chaque nouveau client creuse la perte.

Pourquoi un bon ROAS peut perdre de l’argent

Le ROAS divise le chiffre d’affaires attribué par la dépense publicitaire. Dans l’exemple, dépenser CHF 50 pour une commande de CHF 100 donne un ROAS de 2 : le tableau de bord semble correct, mais chaque commande perd CHF 10. Le ROAS minimum pour ne pas perdre d’argent se calcule simplement : chiffre d’affaires divisé par marge, soit 100 ÷ 40 = 2,5 ici.

Deux boutiques avec le même ROAS peuvent donc avoir des résultats opposés. Une marque de cosmétiques à forte marge est rentable à un ROAS où une boutique d’électronique perd de l’argent. Fixer un objectif de ROAS sans connaître sa marge revient à piloter à l’aveugle.

Quand les clients rachètent : la LTV

Si une part de vos clients revient, un client vaut plus que sa première commande. La valeur d’un client sur une période donnée, la LTV, se calcule en marge et non en chiffre d’affaires : marge moyenne par commande multipliée par le nombre moyen de commandes par client sur la période.

Dans l’exemple, si un client passe en moyenne 1,5 commande sur douze mois, sa valeur est de CHF 60 de marge. On peut alors accepter un CAC supérieur à CHF 40, en sachant que la différence ne sera récupérée qu’au fil des rachats. Deux limites : la trésorerie doit supporter ce décalage, et le taux de rachat doit être mesuré sur vos propres clients, pas estimé.

« Un CAC n’est ni bon ni mauvais en soi. Il est bon ou mauvais par rapport à ce qu’un client vous laisse réellement. »
Diego Penaloza Lopez, fondateur de Contrast

Contrôler les plateformes avec le MER

Meta et Google s’attribuent chacun une partie des mêmes ventes. Additionner leurs chiffres donne souvent plus de ventes que la boutique n’en a enregistré. Le MER, ou marketing efficiency ratio, coupe court : chiffre d’affaires total de la boutique divisé par dépenses marketing totales, sur la même période, toutes sources confondues.

Le MER ne dit pas quelle campagne fonctionne. Il dit si l’ensemble fonctionne. Si le ROAS affiché par les plateformes monte et que le MER baisse, les plateformes s’attribuent des ventes qui auraient eu lieu sans elles.

Ce qui fait baisser le CAC

  • Réparer les fuites de conversion. Frais de port découverts au dernier moment, moyens de paiement suisses absents, délais de livraison flous : chaque visiteur perdu au panier renchérit tous les clients gagnés.

  • Augmenter le panier moyen. Lots, seuil de livraison offerte, produits complémentaires : la dépense publicitaire reste la même, la marge par commande monte.

  • Renouveler les créations. Sur un marché petit comme la Suisse romande, les mêmes personnes voient vite les mêmes annonces. La fatigue créative fait monter le coût de chaque clic.

  • Capturer les adresses email. Un visiteur qui n’achète pas mais laisse son email peut être converti plus tard, sans nouveau clic payant.

  • Mesurer proprement. Suivi côté serveur (API Conversions de Meta, conversions améliorées de Google) pour que les algorithmes apprennent sur de vraies ventes.

À retenir

Ce qu’il faut retenir

  1. 01

    Le CAC maximum d’une boutique en ligne est d’abord la marge sur coûts variables de la première commande.

  2. 02

    Le ROAS minimum rentable vaut chiffre d’affaires divisé par marge : il change d’une boutique à l’autre.

  3. 03

    La LTV, calculée en marge sur vos propres clients, autorise un CAC plus élevé si la trésorerie suit.

  4. 04

    Le MER vérifie que la croissance affichée par les plateformes existe dans la caisse.

Questions fréquentes

01Quelle différence entre CAC et CPA ?

Le CPA est le coût d’une action suivie par une plateforme (achat, inscription), clients existants compris. Le CAC ne compte que les nouveaux clients et inclut toutes les dépenses marketing, pas seulement la publicité d’une plateforme.

02Quel ROAS viser pour une boutique Shopify en Suisse ?

Aucun chiffre universel : le ROAS minimum se déduit de votre marge (chiffre d’affaires divisé par marge sur coûts variables). Une boutique à forte marge est rentable à un ROAS plus bas qu’une boutique à marge faible.

03Faut-il inclure les frais d’agence dans le CAC ?

Pour juger la rentabilité globale, oui : honoraires, production de créations et outils font partie du coût d’acquisition. Pour piloter les campagnes au quotidien, on suit en parallèle le coût publicitaire seul.

Diego Penaloza Lopez

L’auteur

Diego Penaloza Lopez

Fondateur, Contrast

Fondateur de Contrast à Neuchâtel, Diego Penaloza Lopez accompagne les clients dans leur stratégie et leur acquisition. Il pilote les campagnes et coordonne le travail de l’équipe.

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